Jacques Fauconnier (lanceur d’alerte belge) nous interpelle à travers un message posté dimanche dernier 26 avril sur Facebook :
ALERTE : LE RÉSEAU ÉLECTRIQUE BELGE FRÔLE L’OVERDOSE – ET VOUS PAYEZ POUR ÇA !
Ce dimanche, aux alentours de 14h00, la Belgique a atteint un point de rupture. Le prix de l’électricité sur les marchés de gros s’est effondré à – 479,27 €/MWh.
LE PARADOXE EST TOTAL : pendant que les prix sont négatifs et que le réseau sature, le photovoltaïque continue de produire massivement. Les parcs éoliens (notamment offshore) injectent eux aussi à pleine puissance.
Pourquoi ? Parce qu’ils bénéficient de mécanismes de soutien (prix garantis ou certificats verts) pouvant atteindre ou dépasser les 100 €/MWh.
RÉSULTAT : le producteur est payé pour injecter du courant dont personne ne veut, tandis que vous, consommateur, financez ces subsides via vos factures (surcharges Elia/offshore). C’est le monde à l’envers.
LE SCÉNARIO CATASTROPHE DE JUIN
Si nous atteignons de tels records en avril, que se passera-t-il fin juin ? Avec plus de 10 GW de solaire installé, un soleil au zénith et des centrales thermiques déjà au minimum technique, le réseau belge risque l’instabilité fatale.
LE RISQUE RÉEL : LA SURTENSION GÉNÉRALISÉE
On parle souvent de fréquence, mais le vrai danger en juin, c’est la tension. Pour injecter votre courant solaire sur le réseau, votre onduleur doit impérativement « pousser » plus fort que la tension existante.
Quand des milliers de maisons injectent en même temps, la tension monte partout.
Si elle dépasse 253V, les onduleurs se coupent par sécurité.
LE CHOC DE CHARGE : imaginez des dizaines de milliers d’installations qui s’arrêtent net en une fraction de seconde. Ce « coup de bélier » électrique peut déstabiliser tout le réseau national et provoquer un BLACK-OUT par effet domino.
UN BLACK-OUT, CE N’EST PAS JUSTE « PLUS DE LUMIÈRE »
Un arrêt total du réseau (le scénario du « Cygne Noir ») paralyserait le pays en quelques heures :
PLUS D’EAU AU ROBINET : les pompes des châteaux d’eau s’arrêtent.
PLUS DE RAVITAILLEMENT : les pompes à essence et les terminaux Bancontact deviennent inutilisables.
PLUS DE COMMUNICATION : les réseaux GSM et internet tombent après l’épuisement des batteries de secours.
SANTÉ EN PÉRIL : les pharmacies ne peuvent plus vérifier les ordonnances ni conserver les médicaments au frais.
L’HEURE DE VÉRITÉ
Le discours d’Elia et du gouvernement est calibré pour rassurer. Mais la physique ne ment pas. On ne peut pas piloter un pays moderne avec un réseau devenu funambule.
IL EST TEMPS DE POSER LES VRAIES QUESTIONS : faut-il continuer à garantir des revenus élevés à des producteurs qui saturent le réseau au risque de tout faire sauter ? La transition énergétique ne peut pas se faire au mépris de la sécurité d’approvisionnement et du portefeuille des citoyens.
PRIX NÉGATIFS : LE RÉVEIL DOULOUREUX D’UNE STRATÉGIE ÉNERGÉTIQUE « HORS SOL » ?
Les chiffres de ce dimanche 26 avril ( – 479 €/MWh) ne sont pas seulement une curiosité de marché. Ils sont le symptôme d’un mal plus profond : une stratégie énergétique qui a misé massivement sur le renouvelable intermittent sans préparer le terrain pour l’accueillir.
Voici pourquoi la situation actuelle devient déraisonnable :
1. L’intermittence : le grand oublié du plan On a installé des milliers de panneaux solaires et d’éoliennes en oubliant une règle de base : on ne commande ni au vent, ni au soleil. Aujourd’hui, quand les conditions météo sont « trop » bonnes le week-end, le réseau belge sature. Faute de capacités de stockage (batteries, pompage-turbinage) à la hauteur des ambitions de production, on se retrouve avec une énergie que l’on doit littéralement payer pour évacuer.
2. Le scandale des rémunérations garanties : Est-il normal de continuer à rémunérer des producteurs à des tarifs garantis alors que le prix du marché est négatif ?
Dans de nombreux anciens contrats, le soutien public continue de tomber même quand l’électricité produite ne vaut rien, voire coûte de l’argent au système.
C’est une double peine pour le citoyen : on paie des subsides via nos factures/impôts pour produire une énergie qui finit par déstabiliser le réseau.
3. Un réseau sous tension (littéralement) Elia, le gestionnaire de réseau, doit multiplier les interventions coûteuses pour maintenir l’équilibre. Donner une priorité absolue au « non-piloté » (solaire/éolien) sans avoir la flexibilité nécessaire en face (consommation pilotable ou stockage massif) met en péril la sécurité d’approvisionnement et fait exploser les coûts de gestion du réseau.
Conclusion : Vouloir une énergie verte est une chose. Forcer l’injection d’une énergie intermittente dans un système qui ne peut pas l’absorber, tout en garantissant des profits aux producteurs sur le dos du contribuable, en est une autre.
La transition énergétique ne peut pas se résumer à poser des panneaux ; elle doit d’abord être une stratégie de gestion de la puissance et de stockage. Sinon, ces prix négatifs records se multiplieront, au détriment de l’économie réelle et des finances publiques.